Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu l’un des documents les plus scrutés de toute transaction immobilière en France. Que vous vendiez, que vous louiez ou que vous engagiez des travaux de rénovation, il conditionne aujourd’hui vos obligations légales, vos droits aux aides financières et, dans certains cas, votre capacité à mettre votre bien sur le marché. Ce guide complet vous accompagne à travers le DPE 2026 : ce qu’il mesure, comment il est calculé, ce qu’il implique selon votre classe énergétique, et comment il s’articule avec les aides à la rénovation disponibles.
Qu’est-ce que le diagnostic de performance énergétique ?
Le DPE est un document officiel qui évalue la consommation d’énergie d’un logement et son niveau d’émissions de gaz à effet de serre. Il attribue au bien immobilier deux étiquettes : une étiquette énergie et une étiquette climat, chacune allant de A (très performant) à G (très énergivore). La note finale retenue est la moins bonne des deux.
Institué en France en 2006, le DPE a subi une réforme majeure le 1er juillet 2021, dans le cadre de la loi Climat et Résilience. Cette réforme a rendu le document opposable juridiquement (auparavant, il était purement indicatif), introduit une nouvelle méthode de calcul et renforcé les informations obligatoires qu’il doit contenir. Depuis cette date, un propriétaire peut voir sa responsabilité engagée si le DPE qu’il a fourni s’avère erroné.
Concrètement, le DPE vous informe sur :
- La consommation annuelle estimée en énergie primaire (kWh/m²/an)
- Les émissions de gaz à effet de serre associées (kgCO₂/m²/an)
- La qualité de l’isolation, du chauffage et de la ventilation
- Une estimation de la facture d’énergie annuelle
- Les travaux recommandés pour améliorer la performance
Les 7 classes énergétiques : de A à G, ce que chaque lettre signifie
Depuis la réforme de juillet 2021, la classification DPE repose sur un double seuil : la consommation en énergie primaire et les émissions de gaz à effet de serre. La lettre attribuée est toujours la pire des deux notes obtenues. Un logement performant sur l’énergie mais chauffé au fioul (émissions élevées) verra donc sa note tirée vers le bas par l’étiquette GES.
Classe A : le standard BBC
Un logement de classe A consomme moins de 70 kWh/m²/an en énergie primaire et émet moins de 6 kgCO₂/m²/an. C’est le niveau des bâtiments à très haute performance énergétique : constructions récentes conformes à la RE2020, ou maisons anciennes ayant fait l’objet d’une rénovation très poussée (isolation par l’extérieur, pompe à chaleur, triple vitrage, VMC double flux). Pour un logement de 100 m², cela représente une facture d’énergie annuelle inférieure à environ 600 euros.
Classe B : très bonne performance
La classe B couvre les logements dont la consommation est comprise entre 70 et 110 kWh/m²/an et les émissions entre 6 et 11 kgCO₂/m²/an. Ces logements bénéficient d’une bonne isolation et d’équipements performants. La classe B constitue un objectif réaliste pour des rénovations ambitieuses réalisées avant 2030.
Classe C : performance satisfaisante
Entre 110 et 180 kWh/m²/an et entre 11 et 30 kgCO₂/m²/an. Un logement de classe C est raisonnablement isolé, avec un système de chauffage d’efficacité correcte. C’est la note que de nombreux propriétaires ayant réalisé des travaux partiels (isolation des combles, remplacement du chauffe-eau thermodynamique) atteignent.
Classe D : performance moyenne
Entre 180 et 250 kWh/m²/an et entre 30 et 50 kgCO₂/m²/an. La classe D est la plus répandue dans le parc immobilier français. Elle correspond typiquement à un logement des années 1980-2000, partiellement isolé, avec un chauffage au gaz d’ancienne génération.
Classe E : performance insuffisante
Entre 250 et 330 kWh/m²/an et entre 50 et 70 kgCO₂/m²/an. Les logements de classe E sont souvent des constructions d’avant 1975 ayant bénéficié de peu ou pas de travaux d’isolation. Leur facture énergétique commence à peser de manière significative sur le budget des occupants. Selon le calendrier législatif actuel, les logements classés E seront interdits à la location à partir du 1er janvier 2034.
Classe F : passoire thermique
Entre 330 et 420 kWh/m²/an et entre 70 et 100 kgCO₂/m²/an. La classe F qualifie les « passoires thermiques ». Ces logements représentent environ 1,5 million de biens en France. Leur loyer est gelé depuis 2022 et leur mise en location sera totalement interdite à partir du 1er janvier 2028.
Classe G : passoire thermique extrême
Au-dessus de 420 kWh/m²/an ou de 100 kgCO₂/m²/an. La classe G représente les logements les moins performants du parc immobilier, souvent des bâtiments très anciens sans isolation, chauffés à l’électricité par effet Joule ou au fioul. Leur mise en location est interdite depuis le 1er janvier 2025.
Comment le DPE est-il calculé ? La méthode 3CL expliquée
Depuis juillet 2021, le DPE est calculé selon la méthode 3CL-2021 (Calcul de la Consommation Conventionnelle des Logements). Cette méthode standardisée a remplacé l’ancienne approche dite « sur factures », qui dépendait des habitudes de consommation des occupants et pouvait donc varier d’un ménage à l’autre pour un même logement.
La méthode 3CL repose sur des données physiques du bâtiment, indépendantes des comportements des résidents :
- L’enveloppe thermique : surface et isolation des murs, des planchers, du toit, des fenêtres et des portes
- Les équipements : type et efficacité du système de chauffage, de production d’eau chaude sanitaire, de refroidissement et de ventilation
- Les apports solaires : orientation du logement, surface et type des vitrages
- Les données climatiques : zone géographique, ensoleillement et températures moyennes de référence
À partir de ces données, le diagnostiqueur calcule les déperditions thermiques du logement, puis la quantité d’énergie nécessaire pour maintenir le confort dans des conditions d’usage standardisées (température de consigne de 19 °C en période de chauffage, occupation conventionnelle).
L’énergie primaire tient compte du rendement de la chaîne de conversion. L’électricité est comptabilisée avec un coefficient de 2,3, ce qui signifie qu’une unité d’électricité consommée correspond à 2,3 unités d’énergie primaire (pertes lors de la production et du transport). Ce coefficient a été révisé en 2024 pour mieux refléter la réalité du mix électrique français, et favorise désormais davantage les logements chauffés à l’électricité (pompe à chaleur notamment).
Le calcul est réalisé par un diagnostiqueur immobilier certifié, à l’aide d’un logiciel agréé. Il est tenu de visiter le logement et de saisir l’ensemble des données dans un formulaire structuré qui alimente automatiquement le registre national des DPE géré par l’ADEME.
Quand le DPE est-il obligatoire ?
Le diagnostic de performance énergétique est obligatoire dans un nombre croissant de situations. En voici les principales.
Lors d’une vente immobilière
Le DPE doit être annexé à toute promesse de vente ou acte authentique pour les logements à usage d’habitation. Il doit être réalisé avant la mise en vente et intégré au dossier de diagnostic technique (DDT) remis à l’acquéreur. Si le DPE est erroné, l’acheteur peut engager la responsabilité contractuelle du vendeur depuis que le document est devenu opposable en 2021.
Lors d’une mise en location
Le DPE doit être joint au contrat de bail pour toute location d’un logement vide ou meublé. Il doit être réalisé avant la mise en location. Un bailleur qui ne fournit pas de DPE valide à son locataire s’expose à des sanctions.
Dans les annonces immobilières
Toute annonce immobilière, qu’elle soit publiée en ligne ou en agence, doit afficher la classe énergie et la classe GES du bien. Depuis 2021, la mention « logement à consommation énergétique excessive » doit obligatoirement apparaître pour les logements classés F ou G.
Pour les bâtiments neufs
Les constructions neuves doivent intégrer le DPE dans leur dossier de conformité à la réglementation thermique en vigueur (RE2020 depuis le 1er janvier 2022). Le DPE final valide le respect des objectifs de performance définis lors de l’instruction du permis de construire.
Durée de validité de votre DPE
Un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021 est valable 10 ans. Attention aux anciens diagnostics :
- Les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 sont devenus caducs le 31 décembre 2024.
- Les DPE réalisés avant le 1er janvier 2018 sont devenus caducs le 31 décembre 2022.
Si votre bien est concerné par l’un de ces anciens diagnostics, vous devez en faire réaliser un nouveau avant toute vente, location ou demande d’aide financière. Vérifiez la date qui figure sur votre document : elle détermine si votre DPE est encore recevable.
Dans certains cas, un nouveau DPE s’impose avant l’expiration du délai de 10 ans. Si vous réalisez des travaux importants (remplacement du système de chauffage, isolation par l’extérieur, installation de panneaux solaires thermiques), il est conseillé de faire refaire un DPE après chantier. Ce nouveau document vous permettra de valoriser votre bien sur le marché et d’accéder aux aides correspondant à votre nouvelle classe.
Passoires thermiques : le calendrier des interdictions de location
La loi Climat et Résilience de 2021 a introduit un calendrier progressif d’interdiction de location des logements les moins performants. Ce calendrier concerne directement les propriétaires bailleurs, qui doivent planifier leurs travaux dès maintenant pour maintenir la possibilité de louer leur bien.
Ce qui est déjà en vigueur en 2026
- Gel des loyers (depuis août 2022) : les logements classés F ou G ne peuvent plus faire l’objet d’une augmentation de loyer lors du renouvellement de bail ou d’un changement de locataire.
- Interdiction des G+ (depuis janvier 2023) : les logements dont la consommation dépasse 450 kWh/m²/an ne peuvent plus être proposés à la location.
- Interdiction de tous les G (depuis janvier 2025) : l’ensemble des logements classés G est interdit à la mise en location, y compris au moment du renouvellement de bail.
Le calendrier à venir
- 1er janvier 2028 : interdiction de louer les logements classés F.
- 1er janvier 2034 : interdiction de louer les logements classés E.
Ces échéances concernent les contrats nouvellement conclus mais aussi le renouvellement des baux existants. Un propriétaire qui ne peut plus louer un bien F ou G se trouve face à une alternative concrète : vendre le logement (souvent décoté en raison de son classement) ou réaliser les travaux nécessaires pour atteindre au minimum la classe D.
Pour les copropriétés, les décisions de travaux nécessitent un vote en assemblée générale, ce qui allonge les délais de mise en oeuvre. Si vous êtes copropriétaire d’un immeuble classé F ou G, la question de la rénovation énergétique doit être inscrite à l’ordre du jour de votre prochaine AG sans attendre.
Comment lire votre document DPE
Depuis la réforme de 2021, le format du DPE est standardisé sur l’ensemble du territoire. Voici les informations essentielles à identifier dans votre document.
Les deux étiquettes
La première étiquette correspond à la consommation en énergie primaire, la seconde aux émissions de CO₂. La lettre finale est toujours la pire des deux. Un logement qui obtient un C sur l’énergie mais un F sur le CO₂ (par exemple parce qu’il est chauffé au fioul) sera classé F au total.
La facture annuelle estimée
Le DPE affiche une estimation de la facture d’énergie annuelle en euros, calculée sur la base de prix de référence. Cette fourchette est indicative et ne prend pas en compte les fluctuations du marché de l’énergie. Elle vous donne néanmoins un ordre de grandeur utile pour comparer des logements entre eux et évaluer le poids futur de vos dépenses énergétiques.
Les recommandations de travaux
Depuis 2021, le DPE contient une liste de scénarios de travaux recommandés, avec une estimation du gain en classe énergétique et de l’investissement nécessaire pour chaque scénario. Ces recommandations ne sont pas contraignantes, mais elles constituent un point de départ sérieux pour planifier votre rénovation et discuter avec des professionnels.
Le numéro d’identification ADEME
Chaque DPE est enregistré dans le registre national géré par l’ADEME et se voit attribuer un numéro d’identification à 13 chiffres. Vous pouvez vérifier l’authenticité d’un DPE sur le site de l’ADEME en entrant ce numéro. Ce dispositif vise à lutter contre les faux diagnostics et les erreurs de saisie non déclarées.
DPE et rénovation énergétique : le lien avec MaPrimeRénov
Le diagnostic de performance énergétique est au coeur du dispositif d’aides à la rénovation. Aucune aide nationale significative n’est accessible sans un DPE valide, et certains dispositifs conditionnent leur montant au gain de classes obtenu après travaux.
MaPrimeRénov en 2026 : deux parcours conditionnés par le DPE
Le dispositif MaPrimeRénov est organisé autour de deux parcours distincts depuis 2024, maintenus en 2026 :
- Le parcours accompagné : pour les ménages souhaitant réaliser une rénovation globale permettant de gagner au minimum 2 classes énergétiques. Ce parcours nécessite un DPE avant travaux, un DPE après travaux et l’intervention obligatoire d’un Mon Accompagnateur Rénov (MAR). Les montants d’aide sont les plus élevés, pouvant couvrir jusqu’à 70 % du coût des travaux pour les ménages aux ressources très modestes.
- Le parcours par geste : pour des travaux isolés (isolation d’un mur, remplacement d’une chaudière, installation d’une VMC). Ce parcours ne nécessite pas obligatoirement de DPE avant travaux, mais exige que le logement ne soit pas classé G pour certains types d’équipements.
Le DPE est donc le document de référence qui détermine votre éligibilité et le montant des aides auxquelles vous pouvez prétendre. Un mauvais DPE de départ (F ou G) peut en réalité vous ouvrir droit aux aides les plus élevées, à condition d’engager une rénovation suffisamment ambitieuse.
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)
Les CEE sont une autre source de financement des travaux de rénovation énergétique, cumulable avec MaPrimeRénov. Ils sont attribués par les fournisseurs d’énergie en échange de la réalisation de travaux éligibles par des artisans RGE. La performance de départ du logement, reflétée dans le DPE, peut influencer le montant des CEE accordés pour certains types de travaux.
L’éco-prêt à taux zéro
L’éco-PTZ permet de financer des travaux de rénovation énergétique sans intérêts. Accordé sans condition de ressources, il peut atteindre 50 000 euros pour une rénovation globale. Il est cumulable avec MaPrimeRénov et avec les CEE. Le DPE constitue un document de référence pour identifier les travaux éligibles et pour attester de leur impact auprès de la banque.
L’audit énergétique obligatoire : à ne pas confondre avec le DPE
Ne confondez pas le DPE avec l’audit énergétique réglementaire. Ces deux documents sont distincts dans leur portée et leurs exigences, même s’ils partagent l’objectif commun d’évaluer la performance d’un logement.
Qu’est-ce que l’audit énergétique réglementaire ?
L’audit énergétique est un document plus détaillé et plus prescriptif que le DPE. Il propose plusieurs scénarios de travaux de rénovation, avec une évaluation précise des gains énergétiques attendus pour chaque scénario, une estimation des coûts et le détail des aides mobilisables. Il est réalisé par un auditeur énergétique certifié RGE, lors d’une visite approfondie du logement.
Quand l’audit énergétique est-il obligatoire ?
Depuis le 1er avril 2023, l’audit énergétique est obligatoire lors de la vente de maisons individuelles classées F ou G. Depuis le 1er janvier 2025, cette obligation a été étendue aux copropriétés de classes F et G.
Si vous envisagez de vendre une passoire thermique, vous devez donc faire réaliser non seulement un DPE, mais aussi un audit énergétique complet. Ce document doit être remis à l’acquéreur avant la signature du compromis de vente, afin qu’il prenne sa décision en connaissance précise des travaux à engager.
Ce qui distingue le DPE de l’audit
Le DPE évalue la performance actuelle du logement et attribue une note. L’audit énergétique va plus loin : il analyse les pathologies du bâtiment, propose plusieurs bouquets de travaux avec leurs impacts respectifs et détaille les aides financières mobilisables pour chaque scénario. Son coût est plus élevé (entre 500 et 1 500 euros selon la surface), mais une partie peut être prise en charge par MaPrimeRénov dans le cadre du parcours accompagné.
Faire réaliser votre DPE : professionnels, prix et conseils
Qui peut réaliser un DPE ?
Le DPE doit obligatoirement être réalisé par un diagnostiqueur immobilier certifié, accrédité par un organisme reconnu par le COFRAC (Comité Français d’Accréditation). Vérifiez toujours que le professionnel que vous mandatez dispose d’une certification en cours de validité. L’annuaire officiel de la certification est consultable en ligne et vous permet de contrôler le statut de votre diagnostiqueur avant de signer tout devis.
Quel est le tarif d’un DPE en 2026 ?
Le prix d’un DPE n’est pas réglementé. Il varie généralement entre 100 et 300 euros pour un logement standard, selon la surface, la région et le prestataire. Les tarifs les plus bas se retrouvent souvent dans des offres groupées proposées par des agences immobilières ou des notaires. Il est déconseillé de choisir un diagnostiqueur uniquement sur le critère du prix : un DPE mal réalisé peut vous exposer à des contentieux avec un acquéreur, à une perte d’éligibilité aux aides ou à une mise en location impossible. Demandez plusieurs devis et vérifiez les avis clients avant de vous engager.
Comment préparer la visite du diagnostiqueur ?
Pour que le diagnostic soit réalisé dans les meilleures conditions et que votre note reflète fidèlement la performance réelle de votre logement, rassemblez les documents suivants avant la visite :
- Les plans du logement ou les relevés de surface (utiles pour vérifier les données de surface déclarées)
- Les notices des équipements de chauffage, de production d’eau chaude sanitaire et de ventilation
- Les documents attestant des travaux d’isolation réalisés (devis, factures d’entreprises RGE, certificats de conformité)
- Le permis de construire ou le certificat de conformité si le logement est récent
- Les données relatives à la copropriété si vous êtes en immeuble collectif (mode de chauffage collectif, niveau d’isolation de la toiture, etc.)
Ces documents permettent au diagnostiqueur de renseigner des valeurs réelles plutôt que des valeurs par défaut. Or, les valeurs par défaut sont systématiquement pénalisantes pour votre note : elles correspondent à des hypothèses conservatrices sur les performances des matériaux et des équipements. Mieux vous documentez votre logement, plus votre DPE sera précis.
Peut-on contester un DPE ?
Depuis juillet 2021, le DPE est opposable. Un acquéreur ou un locataire qui constate une erreur matérielle dans le diagnostic peut engager la responsabilité du diagnostiqueur, voire du vendeur ou du bailleur. En pratique, contester un DPE nécessite de faire réaliser un contre-diagnostic par un autre professionnel certifié et de démontrer que l’erreur a eu un impact sur votre décision d’achat ou sur votre situation financière.
En cas de doute sur la fiabilité d’un DPE, vous pouvez vérifier si son numéro figure dans le registre national de l’ADEME et si les données déclarées correspondent à ce que vous observez dans le logement.
Améliorer son DPE : quels travaux pour quel gain de classe ?
Si votre logement est classé D, E, F ou G, des travaux ciblés peuvent améliorer significativement votre note. Voici les interventions les plus efficaces, classées par efficacité moyenne.
L’isolation des combles : le meilleur rapport coût/gain
L’isolation des combles perdus par soufflage est la mesure la plus rentable pour la plupart des maisons individuelles. Elle permet de réduire les déperditions thermiques de 25 à 30 % et peut suffire à faire gagner une classe, voire deux pour des logements très mal isolés. Son coût est relativement faible (entre 20 et 50 euros par m² selon l’épaisseur et le matériau), et elle bénéficie d’une prise en charge importante par MaPrimeRénov et les CEE. Si vous ne devez réaliser qu’un seul travail, commencez par les combles.
L’isolation des murs
L’isolation des murs par l’extérieur (ITE) est plus coûteuse (entre 120 et 200 euros par m²) mais offre un gain énergétique très significatif pour les maisons des années 1950-1980, construites sans isolation. Elle traite également les ponts thermiques, qui représentent souvent 20 à 30 % des déperditions totales dans un bâtiment ancien. L’isolation par l’intérieur (ITI) est moins onéreuse mais réduit légèrement la surface habitable et ne traite pas les ponts thermiques de la même manière. Des articles dédiés à ces deux techniques sont disponibles dans notre catégorie isolation thermique.
Le remplacement du système de chauffage
Remplacer une chaudière au fioul ou au gaz par une pompe à chaleur air/eau est souvent la mesure la plus impactante sur l’étiquette GES du DPE. Une PAC performante (COP supérieur à 3) peut faire passer un logement de E à C en combinaison avec une isolation correcte. Attention : le changement de système de chauffage seul, sans isolation préalable suffisante, peut améliorer la lettre mais ne traite pas les causes profondes de la mauvaise performance. L’idéal est de coupler ces deux types de travaux.
Le remplacement des fenêtres
Le passage du simple vitrage au double ou triple vitrage améliore le confort thermique et réduit les infiltrations d’air. Son impact sur la lettre DPE est toutefois plus limité que l’isolation des parois opaques ou le changement de chauffage, car les fenêtres représentent en général 10 à 15 % des déperditions totales d’un logement. C’est néanmoins un travail souvent apprécié pour son impact sur le confort acoustique et sur la valeur perçue du bien.
La ventilation
L’installation d’une VMC double flux (Ventilation Mécanique Contrôlée avec échangeur de chaleur) est particulièrement efficace dans les logements déjà bien isolés. Elle permet de récupérer la chaleur de l’air extrait pour préchauffer l’air entrant, réduisant ainsi les besoins en chauffage. Elle améliore aussi la qualité de l’air intérieur, un critère de plus en plus pris en compte dans les évaluations de confort.
Questions fréquentes sur le diagnostic de performance énergétique
Mon DPE est mauvais mais je n’envisage pas de vendre ni de louer. Suis-je concerné par les nouvelles obligations ?
Si vous occupez votre résidence principale sans intention de la vendre ni de la louer à court terme, vous n’avez pas d’obligation légale immédiate liée à votre classe DPE. Cependant, un mauvais classement est un signal sur le niveau de vos dépenses énergétiques et sur la valeur future de votre bien. Il est conseillé d’anticiper les travaux pour bénéficier des aides encore en vigueur et pour protéger la valeur de votre patrimoine à long terme.
Puis-je réaliser mon DPE moi-même ou le faire réaliser par n’importe quel artisan ?
Non. Le DPE doit obligatoirement être réalisé par un diagnostiqueur immobilier certifié et accrédité COFRAC. Un DPE auto-déclaré ou établi par un artisan non certifié n’a aucune valeur légale : il ne peut pas être annexé à un acte de vente, à un bail ou à une demande d’aide financière.
Le DPE d’un appartement en copropriété est-il calculé différemment ?
La méthode de calcul 3CL est identique, mais certaines données diffèrent. Pour un appartement en copropriété, les déperditions liées aux parties communes (escaliers, cave) et le type de chauffage collectif ou individuel influencent fortement le résultat. Il est important de fournir au diagnostiqueur toutes les informations disponibles sur la copropriété (isolation de la toiture, type de menuiseries des parties communes, etc.) pour obtenir un DPE précis.
Deux diagnostiqueurs peuvent-ils donner des résultats différents pour un même logement ?
En théorie, la méthode 3CL standardisée devrait conduire deux diagnostiqueurs différents à des résultats proches pour un même logement. En pratique, des écarts peuvent exister selon la manière dont les données sont relevées, notamment pour des matériaux anciens dont les caractéristiques thermiques ne sont pas directement visibles. C’est pourquoi le choix d’un professionnel expérimenté est important, surtout pour des bâtiments anciens complexes.
Les monuments historiques sont-ils soumis au DPE ?
Les monuments historiques classés ou inscrits bénéficient d’exemptions spécifiques, car les contraintes liées à leur protection patrimoniale rendent souvent impossible la réalisation de travaux d’isolation classiques. Consultez l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) avant toute démarche de rénovation énergétique sur ce type de bien.
Conclusion : le DPE, point de départ de votre rénovation
Le diagnostic de performance énergétique est bien plus qu’un document administratif. Il est devenu le pivot du marché immobilier et de la politique de rénovation énergétique en France. Comprendre votre lettre DPE, ses implications légales et ses liens avec les aides disponibles vous permet de prendre des décisions éclairées, que vous soyez propriétaire occupant, propriétaire bailleur ou acquéreur.
Si votre logement est classé F ou G, les délais se raccourcissent. La réglementation est claire : les passoires thermiques sont appelées à disparaître progressivement du marché locatif, et leur valeur sur le marché de la vente se déprécie chaque année. Engager une rénovation aujourd’hui, c’est non seulement se mettre en conformité avec la loi, mais aussi accéder aux aides les plus avantageuses encore disponibles et protéger la valeur de votre patrimoine sur le long terme.
Si vous souhaitez simuler vos aides ou identifier les travaux prioritaires pour votre logement, les conseillers France Rénov vous accompagnent gratuitement. Un audit énergétique réalisé par un professionnel certifié RGE vous donnera une vision précise du chemin à parcourir et des gains que vous pouvez espérer. Retrouvez nos guides sur les aides à la rénovation et sur les solutions d’isolation thermique pour aller plus loin.